Conférence au final très intéressante à la Cité de la Voile à Lorient sur l’avenir du multicoque, organisée par Eurolarge Innovation.
Le but de ce billet na pas la prétention de de faire un rapport exhaustif mais plutôt de donner les 2-3 tendances qui nous intéressent, à savoir sur la course au large.
Première constatation unanime : le monde du multicoque de course ne va pas si mal que ça !
Même si l’ORMA a laissé un immense vide les choses commencent à se restructurer ; et la dernière Coupe de l’America, même en ayant été assez incompréhensible pour le grand public et même si le spectacle juridico-financier a été déplorable, a eu l’avantage de rebooster l’image multicoque aux yeux du monde entier et en particulier des anglo-saxons.
4 tendances se dégagent aujourd’hui :
- le multicoque « spectacle » : course très courte, très proche du public, sur des « petits » bateaux spectaculaires. Le meilleure exemple est le circuit eXtreme 40 et à moindre échelle le D35 sur le Léman. Deux avantages : C’est très spectaculaire et ça attire des « stars » de la voile (Cammas, Gautier, Ed Baird, Peyron…). Inconvénient, comme l’a souligné Dominique Bourgeois, journaliste, l’enjeux du multi d’aujourd’hui c’est l’opposition entre la compétition et le spectacle et ces séries virent plus sur le spectacle.
- le multicoque « record » : toujours plus grand, toujours plus vite, toujours plus dur à gagner et… toujours plus incertain ! Les records, c’est un magnifique pari et les résultats, lorsqu’ils sont là (!!), sont superbes et inspirent le respect. Mais trois obstacles majeurs : c’est difficile a bien médiatiser (on est seul !) même si Groupama a très bien réussi de se côté là lors de son dernier Jules Verne, c’est très incertain et la fiabilité est l’enjeu majeur (mais comme il faut aller toujours plus vite…), et enfin cela n’a qu’un temps (lorsque que l’on détient un record, aucun intérêt à le refaire s’il n’a pas été battu). Dernier point, c’est souvent saisonnier comme période de possibilité.
- les courses en flotte, sans limites : le « no limit » comme l’appelle Bruno Peyron qui tente de réorganiser une édition de The Race, course autour du monde, en équipage et sans escales, à bord de multicoques. Passionnant en terme de technologie et de développement, un spectacle quasi assuré mais l’enjeux est de réunir une flotte suffisamment importante et surtout pas trop disparate en terme de performance. La prochaine Route du Rhum est également dans cette « catégorie ».
- la monotypie : C’est le pari du MOD 70 qui tente de faire une « nouvelle classe ORMA » avec des bateaux strictement identiques (donc une fiabilité normalement largement accrue) et un programme plus vaste avec notamment un tour du monde en équipage, avec escales, un tour de l’Europe et les grandes transatlantiques. Alléchant avec en plus un budget maîtrisé et des risques assez mesurés voilà qui promet. Un seul hic : réunir une flotte avec un nombre minimum de bateaux pour que cela ait du sens. Deuxième chose : le nombre limité de bateau par pays (4) ; si cela part d’une vraie volonté d’internationaliser c’est un véritable handicap pour les teams et leur sponsors, en particulier français. Et je ne vois pas bien comment cela va se gérer.
Et puis le circuit tarde encore à se mettre en place. Que deux trimarans de fermes pour l’instant ; et même s’ils sont 5 d’ici quelques mois, est-ce suffisant pour assurer un vrai spectacle et donner un enjeux sportif cohérent ?
Bref nous pouvons constater que les possibilités en multicoques sont finalement assez nombreuses et qu’il y a des programmes de course prévu assez alléchants ; mais c’est une sorte de « renaissance » et il faudra un peu de temps pour que tout se mette en place. Les mois à venir sont cruciaux pour bon nombre de projets de circuit.
De notre côté nous y croyons, plus que jamais. Tout le monde a été unanime lors de cette conférence : les multicoques de course proposent un spectacle et des images éblouissantes qui naturellement attirent le publique. Ils seront donc toujours attrayants et médiatisés ! Comme l’a dit Bruno Peyron : avec un multicoque le bateau suffit !
Et l’histoire que nous souhaitons écrire avec un partenaire a très certainement de beaux jours devant elle. Avis aux amateurs !
Pour conclure nous noterons la petite question de Dominique Bourgeois à l’ingénieur chef de projet Hydroptère : « avez-vous prévu des améliorations car le bateau ne nous fait plus rêver, c’est un dinosaure… ? » Sous-entendu pas de foils courbes, pas de mât rigide… Je vous laisse apprécier !
Si vous souhaitez voir un résumé exhaustif de cette journée conférence, je vous laisse découvrir le blog de Monsieur Jojo !
PS : je n’ai pas abordé la classe de 50 pieds, pas ou à peine évoquée lors de cette journée. Nous y consacrerons un petit billet plus tard, car même si elle manque encore cruellement de crédibilité, elle peut présenter dans un futur proche comme une alternative assez intéressante.
Je pense que c’est une erreur de ne pas avoir abordé la Multi50.
Le MOD70 c’est une commande ferme pour deux voiliers à ce jour.
La Multi50, c’est une nouvelle course Vendée – St Petersburg avec un budget de 2 millions d’euros ( départ Mi Mai 2010 ), 9 voiliers au départ ( et un au chantier : Prince de Bretagne ).
No Comment.
Ce ne sont pas les participants qui décidaient des sujets à aborder lors de cette journée conférence… Et ce billet interprète les grandes tendances évoquées.
Mais comme je le dis dans le billet nous parlerons des 50 pieds car bien entendu c’est une alternative intéressante et qui mérite que l’on s’y intéresse. Même si aujourd’hui force est de constater qu’elle manque encore de crédibilité et qu’elle n’est pas (encore
) incontournable.